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calendar_today 30 September 2024

Deux jeunes filles qui apprennent le tressage au centre GRAM N'sele
Deux jeunes filles qui apprennent le tressage au centre GRAM Nsele

Hortence Kombe vit dans le quartier Plazza en pĂ©riphĂ©rie de la ville de Kinshasa dans la commune de la N’sele. Dans ce milieu, plusieurs adolescents et jeunes, particuliĂšrement des filles, sont victimes d’une sexualitĂ© prĂ©coce Ă  cause du manque d’éducation et promiscuitĂ©. 

AgĂ©e de 15 ans alors j’étais encore Ă©coliĂšre, j’ai cĂ©dĂ© aux nombreuses avances de mon petit ami qui tournait autour de moi, je me sentais dĂ©sirĂ©e et comme je n’étais pas informĂ©e j’ai eu un rapport sexuel non protĂ©gĂ© avec lui, et je suis tombĂ©e enceinte. Je ne m’y attendais pas car je ne connaissais pas les consĂ©quences de cet acte. J’ai Ă©tĂ© obligĂ©e d’abandonner mes Ă©tudes Ă  cause de la grossesse je n’étais plus capable de poursuive un cursus scolaire normal ». Explique-t-elle.

Actuellement ĂągĂ©e de 18 ans, Hortence Kombe fait partie des apprenantes encadrĂ©es par la fondation GrĂące Ă  Ma MĂšre (GRAME) pour l’apprentissage professionnel. Elle a choisi l’esthĂ©tique comme filiĂšre.  Assises dans la cours du centre de formation GRAME, les jeunes filles accompagnĂ©es par une formatrice la matiĂšre du jour concerne la tresse des cheveux :

 Nous avons ici des jeunes filles qui n’ont pas accĂšs Ă  un cursus scolaire normal. La plupart d’elles ont dĂ©crochĂ© Ă  cause des grossesses prĂ©coces, d’autres sont issues de famille dĂ©favorisĂ©es ou des orphelines qui n’ont pas des moyens pour poursuivre leurs Ă©tudes. Nous les accompagnons afin qu’elles soient utiles Ă  la sociĂ©tĂ© et qu’elles prennent leur destin en mains » explique Kola Hortense, formatrice du centre.

Allier la pratique professionnelle Ă  l’éducation sexuelle

Les jeunes filles encadrĂ©es Ă  la fondation GRAME dans le site de la N’sele, reçoivent une formation gratuite et pratique en esthĂ©tique et dĂ©coration Ă©vĂ©nementielle. Cette formation est couplĂ©e aux sĂ©ances de sensibilisation sur l’éducation Ă  la santĂ© sexuelle et reproductive avec l’appui de UNFPA pour permettre aux apprenantes de dĂ©velopper leurs capacitĂ©s de production sans ĂȘtre perturbĂ©es par les grossesses non dĂ©sirĂ©es. Cette formation leur permet notamment d’avoir les informations nĂ©cessaires sur la santĂ© reproductive et de faire librement le choix sur leurs maternitĂ©s.

Il y a beaucoup d’informations que nous recevons durant les sensibilisations. Par exemple, les coaches nous ont parlĂ© de la menstruation. Elles nous ont expliquĂ© les diffĂ©rentes manifestations et la conduite Ă  tenir durant cette pĂ©riode. Aujourd’hui nous avons appris comment prĂ©venir les infections sexuellement transmissibles, comment se protĂ©ger pour Ă©viter une grossesse non dĂ©sirĂ©e » rapporte ClĂ©mence Tabasenge une autre apprenante.

Ruth Yile Tankoy est une des coaches en santĂ© sexuelle reproductive au sein d’une ONG partenaire au programme.

On ne le dira jamais assez, mais l’accĂšs Ă  une bonne information sur la santĂ© sexuelle n’est pas donnĂ© Ă  toutes les filles, surtout quand elles n’ont pas eu la chance d’étudier et qu’elles se sentent misent de cĂŽtĂ©. Elles tombent dans l’éducation diffuse sur la sexualitĂ© qui les expose Ă  des dangers comme les infections sexuellement transmissibles, les grossesses prĂ©coces ou mĂȘme le VIH ».

Les jeunes apprenantes assistent  à une séance de sensibilisation sur la santé sexuelle
Les jeunes apprenantes assistent  à une séance de sensibilisation sur la santé sexuelle 

Aider des filles dĂ©scolarisĂ©es Ă  rĂ©aliser leur rĂȘve

Mon rĂȘve ce qu’aprĂšs cette formation je me sente utile Ă  la sociĂ©tĂ© car avant je me sentais nĂ©gligĂ©e. DĂšs que je finis, grĂące Ă  Dieu, j’aimerais ouvrir mon propre salon de coiffure afin d’ĂȘtre indĂ©pendante. Je remercie beaucoup UNFPA car dĂ©sormais, Ă  travers cette formation je sais contrĂŽler mon corps, et je n’aurais plus jamais une grossesse non dĂ©sirĂ©e » affirme Hortense Kombe.

Pour UNFPA, toutes les filles mĂ©ritent d’avoir accĂšs aux informations et services qui tiennent compte de leur dignitĂ©. C’est pourquoi, l’organisation s’emploie Ă  renforcer les capacitĂ©s Ă©conomiques des adolescentes et des jeunes filles dĂ©scolarisĂ©es afin de les mettre Ă  l’abris de toutes formes d’abus et exploitation et leurs permettre de jouir des leurs droits Ă  la santĂ©, Ă  la dignitĂ© et au bien-ĂȘtre.

PrĂšs d'un demi-millier d'adolescentes dĂ©scolarisĂ©es de la ville de Kinshasa bĂ©nĂ©ficie de l’accompagnement de ce programme appuyĂ© par UNFPA sur financement de la NORVÈGE et assurĂ© notamment par la Fondation GrĂące Ă  ma mĂšre (GRAME) et le Cadre de RĂ©cupĂ©ration pour l’encadrement et l'Épanouissement IntĂ©gral des jeunes (CREEIJ).