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Menacée de mariage précoce, Florence devient une activiste

Florence Ntumba, 20 ans, pleine d’énergie et très engagée dans ce qu’elle fait. C’est l’image que l’on retient de cette jeune fille dès la première rencontre.  Déjà à 20 ans elle a une « vie bien remplie ». Elle a été tour à tour, victime d’une tentative de mariage précoce, animatrice communautaire et en formation pour devenir Sage-femme.

Le refus du mariage précoce

A 16 ans, comme de nombreuses filles de son âge à Tshikapa, les parents de Florence ont décidé de la donner en mariage. Pendant que le mariage se préparait, Florence a eu l’opportunité de prendre part à une formation organisée par AEFID, une ONG partenaire de UNFPA. Cette formation a été un tournant décisif dans sa vie car dira-t-elle :

j’ai pris part à la formation des conseillères communautaires à Tshikapa, c’est là-bas que j’ai compris que le mariage précoce est une violation des droits de la jeune fille ».

A partir de cette formation Florence comprendra que ses droits sont en train d’être bafoués par ses parents à travers le projet de mariage dont elle fait l’objet. Elle décide alors après la formation d’en discuter avec ses parents dans un contexte où les enfants n’ont pas le droit de remettre en cause les décisions des adultes.

J’ai décidé de discuter avec mes parents de mon mariage, cela n’a pas été facile mais j’ai pu les convaincre de la nécessité de l’abandon de ce projet de mariage afin de me permettre de me former ».

Dans le contexte du Kassaï, Florence a fait preuve d’un courage exceptionnel car, elles sont nombreuses les filles qui acceptent de se soumettre au mariage précoce même quand elles ne sont pas consentantes. En effet en 2020, plus de 602 filles ont été mariées précocement (rapport de la Division du Genre de la province du Kasaï).

Le renforcement des capacités de la jeune fille pour « dire non au mariage précoce »

UNFPA avec le financement du CERF a appuyé la Division genre du Kasaï pour le renforcement des capacités des jeunes filles sur le respect de leurs droits. C’est une stratégie qui permet de mieux outiller les jeunes filles et de leur donner le support social nécessaire pour refuser que leurs droits soient bafoués. En 2019, Florence a été formée dans le cadre du partenariat avec AEFID pour la formation de 30 conseillères communautaires sur les formes de Violences basées sur le Genre et les mécanismes de référencement. La formation permet aux filles et femmes participantes de prendre conscience de la nécessité de faire respecter leurs droits. Florence en arrivant à cette formation ne savait pas que quelques heures après sa vie allait basculer dans le bon sens

j’ai décidé de me former, d’être autonome pour me prendre en charge et aider les autres femmes »

 

Après le refus, l’action


Florence, après une séance d’accouchement dans un centre de santé

Après avoir refusé le mariage précoce, Florence se lance dans une nouvelle formation, elle veut dit-elle devenir Sage-femme

j’ai choisi d’être Sage-femme pour aider les autres filles et femmes ».

Florence qui était destinée à un foyer est aujourd’hui en formation de Sage-femme à l’ISTM/Tshikapa. C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’elle nous explique pourquoi c’est important pour les jeunes filles et les femmes d’utiliser les méthodes contraceptives modernes (la planification familiale) et d’accoucher dans un centre de santé assisté par un personnel formé. En formation de Sage-femme elle conduit déjà des accouchements dans les différents hôpitaux et centres de santé de référence dans la ville de Tshikapa. Soucieuse d’améliorer ses compétences, Florence passe beaucoup de temps dans les formations sanitaires aux côtés du corps médical.


Florence et Brigitte OMARI de UNFPA, au centre médical LUMUKA

Florence, à force de se battre après avoir participé à la formation est devenue une jeune fille leader au service de sa communauté. Dans sa communauté, elle a réussi à convaincre les jeunes adolescentes de son quartier appelé « SAMI » à se battre pour le respect de leur droit. Parallèlement à sa formation de Sage-femme qui est appuyée par UNFPA, Florence a décidé d’organiser des séances de sensibilisation dans la communauté pour donner les bonnes informations sur les droits des femmes et des jeunes filles.


Séance de formation sur les droits des femmes et des filles

Les droits liés à l’âge au mariage de nombreuses filles en RDC ne sont pas respectés. Le plus souvent ces filles ignorent totalement que leurs droits sont bafoués. UNFPA apporte un soutien au Gouvernement et aux ONG afin de travailler au renforcement au respect des droits de la jeune fille. Le respect de l’âge du mariage donne la possibilité à l’enfant de terminer ses études ou sa formation et renforce son autonomisation économique et sociale.

 

Siaka Traoré

Appui de Brigitte OMARI.