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Consolidation de la paix à Kalemie dans le Tanganyika : des jeunes Twa et Bantous se renforcent pour une solution durable

Après le conflit entre Twas et Bantous, il est indispensable de travailler sur la consolidation de la paix. Le renforcement de la participation des jeunes et des femmes Twas/ Bantous dans des structures de prise de décision telles que les Baraza, Conseil territorial de Paix, les Clubs de Solidarité et Paix, et les Clubs Dimitra est essentiel dans la consolidation de la paix. Dans le cadre du projet conjoint UNHCR/UNFPA/FAO financé par le Fond de consolidation de la paix (PBF), la Ligue de la Zone Afrique pour la défense des Droits des Enfants et Elèves (LIZADEEL) a organisé avec l'appui technique de UNFPA, une formation de 66 jeunes Twa et Bantous ainsi que membres adultes des BARAZA sur la consolidation de la paix à Kalemie.

 

Consolider la paix entre communauté, une priorité

Dans la province du Tanganyika, les relations entre les Twas et les Bantous, demeurent fortement inégalitaires. Les tensions et violences entre les deux communautés qui ont éclaté en 2016, persistent encore dans beaucoup de territoires. Ces tensions tirent d’une part leurs racines du manque d’opportunités économiques durables, de l’accès aux moyens de subsistance, des barrières à l’égalité des droits des Twas, du faible accès à la terre, et aux services sociaux de base tels que la santé, l’éducation et la protection, favorisant leur exclusion aux prises de décision politique locales. D’autre part, la marginalisation économique et politique de longue date des Twas, combinée à la discrimination sociale qu’ils subissent de la part des populations bantous, caractérisée par le déséquilibre dans l’imposition des redevances coutumières (récolte annuelle, produit de la chasse ou pêche) et les barrières liées aux stéréotypes et à la discrimination, ont souvent été identifiées comme des conséquences du faible accès aux services sociaux de base et aux ressources naturelles de toute la population de Tanganyika. Cette situation a généré en 2017 des conflits qui ont provoqué un afflux massif de plus de 557 000 déplacés internes.

 

 

Une session de formation pour consolider la paix

 


Participants à la formation

 

Plusieurs actions sont en cours dans le cadre du projet. Au titre desquelles, la session de formation organisée avec l’appui technique de UNFPA dont la facilitation a été assurée par les Ministères Provinciaux de l'Intérieur et de la Planification, la MONUSCO, et la société civile. Cet atelier de formation avait pour but de renforcer la participation et l'engagement à long terme des membres des mécanismes endogènes de prévention de conflits BARAZA et les Clubs de Solidarité et de Paix dans la pacification de la paix. 

 

Elle a réuni à 24 jeunes filles et femme et 42 jeunes garçons et hommes (Twas et Bantous) respectivement membres adultes des BARAZA qui ont identifié et analysé ensemble les facteurs qui freinent leurs participations à long terme dans le processus de conflit dont le manque de temps, l'alphabétisation des femmes et des filles.

Cette formation a également pour but de permettre aux 66 participants de s'approprier des mécanismes de prévention de conflits pour consolider la paix et adresser les questions de sécurité, développement local et de solutions durables à la base. Grâce à cette formation, les participants ont pu s'imprégner des notions de développement, de gouvernance et de droit de l'homme. 

 


Les participants en atelier pendant la formation

 

Ils ont dit…

 

Lubarika Wakulola, des Affaires Civiles de la Monusco,

J’ai apprécié la participation active des participants parmi lesquels les femmes et les jeunes filles. Les modules conçus pour l’auditoire étaient déjà traduits (certaines parties clés) en Swahili, ce qui permettait à toute la salle de participer.  Le temps que j’ai eu à discuter avec l’auditoire m’a laissé constater que je n’étais pas devant les gens qui apprennent de Zéro mais devant les gens auprès desquels on peut aussi apprendre. Ceci prouve qu’un travail important est déjà fait et laissent présager que les efforts déployés pour le renforcement des capacités des membres de Baraza et club de paix sont porteurs des fruits ».

 

Pene Lukuka Mwatcha du Bureau Conjoint des Nations Unies Droits Humains (BCNUDH),

Grâce au projet, les jeunes et les femmes ont pu donner leurs avis, proposer des solutions sur des questions qui les concernent et leurs communautés. Grâce au projet financé par le PBF, certaines femmes tout comme les hommes Twas peuvent maintenant prendre la parole devant les autres Bantous pour donner leurs avis, participer dans les choses publiques entant que citoyens à part entière de la province ».

 

Esther Bwanga de Katanika,

Quand j’ai voulu être la Coordinatrice de Club de Solidarité et de Paix, mon mari n’a pas voulu, croyant que si je deviens leader, cela va affecter l’harmonie dans notre couple et que je ne vais plus le respecter. Aujourd’hui, j’ai convaincu mon mari que je peux être une jeune épouse, mère et leader. Cette formation m’a permis de me rendre compte que je dois toujours rester engager pour faire la différence dans ma communauté et que les barrières qui limitent notre participation en tant que femmes et filles devraient être surmontées ensemble hommes, femmes, jeunes garçons et filles ».

 


Intervention de Esther Bwanga

 

Cette formation se déroulera également dans les trois autres territoires ciblés par le projet à savoir Manono, Nyunzu et Moba.

 

 

Le projet solution durable

 

Le projet « solutions durables adresse les causes structurelles du conflit au Tanganyika par la mise en œuvre des solutions durables en faveur des personnes déplacées et retournées Twas et Bantous. Cela contribuera aussi à rendre opérationnels les mécanismes étatiques (redevabilité) et les comités locaux de paix (et de développement) afin qu’ils puissent être capables de favoriser les décisions ou recommandations communautaires en matière de lutte contre les discriminations, l’inégalité sociale et économique, participer à la réinsertion sociale des retournés, et promouvoir le dialogue entre les autorités locales, les organisations de la société civile, le secteur privé, les acteurs humanitaires et de développement, et les autres parties prenantes. Basé sur l’analyse des besoins, le projet a mis en place un environnement protecteur et propice à la réintégration des personnes déplacées et retournées dans les communautés hôtes et d’origine. Il participera également à la reconstruction/réhabilitation et équipement des infrastructures sociales, et améliorera l’accès aux opportunités économiques et aux moyens de subsistances durables pour les personnes les plus vulnérables, particulièrement les femmes et les jeunes Twas et Bantous. De plus, à travers des activités de renforcement des capacités techniques des communautés, le projet offrira des opportunités socio-économiques, qui permettront de réduire la vulnérabilité des femmes et jeunes filles des communautés Twa et Bantoue tout en travaillant sur la masculinité positive pour changer les normes sociales.

 

L’UNFPA travaille pour une meilleure participation des jeunes au prise de décision dans les communautés. Cela contribue à la réalisation du potentiel de cette population cible. Ce projet est en droite ligne avec la vision de UNFPA. Sa réalisation permettra de créer un cadre propice pour tirer le meilleur profit du potentiel des jeunes tout en leur assurant un épanouissement.

 

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