« Quand on m’a dit que je devais être transférée, j’ai eu peur. Je pensais à l’argent, aux factures, et je me demandais comment ma famille allait s’en sortir. Mais à l’hôpital, un membre de l’ONG RADPI m’a remis une somme en espèces. J’ai pu payer moi-même mes soins. J’ai senti que ma vie comptait, que je n’étais pas abandonnée. Aujourd’hui, je suis en vie, et mon bébé aussi, » raconte Mave Nzale
Transférée en urgence à l'hôpital Général de Référence de Bunia, suite aux complications d’après accouchement au centre de santé de Kigonze, situé dans l’un des sites de personnes déplacées, Mave Nzale, 23 ans, a pu couvrir ses frais d'hospitalisation grâce aux fonds remis en mains propres dès son arrivée.
Grâce au financement de la Direction générale pour la protection civile et les opérations d'aide humanitaire européennes (ECHO), UNFPA à travers son partenaire de mise en œuvre “RADPI”, met en œuvre depuis 2024 un projet intégré de Santé sexuelle et reproductive, prévention et réponse aux violences basées sur le genre. Ce projet représente une véritable bouée de sauvetage pour les femmes enceintes et leurs familles ainsi que les survivant(e)s de VBG.
J’ai vu ma femme souffrir, j’ai vu la peur dans ses yeux. Je n’avais pas les moyens de payer les frais d’hôpital. Quand UNFPA nous a aidés, j’ai senti un poids énorme disparaître. Ma femme est en vie, mon enfant aussi. Je suis reconnaissant, car ce projet ne sauve pas seulement des femmes, il sauve des familles entières. » a précisé Dhekana Tsedha, le mari de Mave.
Un mécanisme de prise en charge financière directe
Le mécanisme repose sur la gratuité des soins de base à travers les consultations prénatales, échographies et accouchements dans les centres de santé partenaires. Renforcer par une assistance monétaire pour couvrir les coûts complémentaires des services de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR) en faveur des femmes et des adolescentes à haut risque, qui rencontrent des obstacles financiers pour accéder aux soins spécialisés.
Lorsqu’un transfert vers l’Hôpital Général de Référence de Bunia s’avère nécessaire, les femmes à haut risque reçoivent une aide d’urgence (cash transfert) qui couvre les frais liés au transfert et à d’autres besoins pendant l’hospitalisation. Il s’agit des coûts essentiels : soins obstétriques compliqués, césariennes, suivi post opératoires, suivi des soins néonataux et un soutien nutritionnel en milieu hospitalier.
« Le cash est remis directement à la femme ou jeune fille lors de son transfert vers une structure de santé spécialisée comme l’Hôpital Général de Référence, en toute transparence. Avant la remise de la somme requise, chaque femme bénéficiaire est sensibilisée sur l’objectif de cet appui financier qui vise à suppléer aux coûts indirects liés à un accès rapide à des services vitaux non pris en charge par le projet. Elle est encouragée à payer sa facture liée aux soins, afin de garantir un suivi responsable et digne.
Pour UNFPA, cette stratégie renforce la dignité des femmes, qui deviennent actrices de leur propre parcours, responsables de leurs dépenses, et la confiance des communautés envers les structures sanitaires partenaires.
Ces interventions ne se limitent pas à sauver des vies individuelles. Elles contribuent à réduire la mortalité maternelle et infantile dans les zones en crise, tout en soulageant les familles du poids de l’endettement et de la dépendance en cas de complications liées à la grossesse.
